Défendons la langue de Molière ! - eviltoast

Texte original de la cérémonie du Malade imaginaire de l’auteur Que s’appelorio Molière.

Savantissimi doclores, Medicinae professores, Qui hic assembhili eslis; Et vos altri messiores , Senlentiarum facullalis Fidèles executores, Chirurgiani el apothicari, Salus, honor et argeutum Atque bouuin appetiium. Non possum , docli confreri , En moi salis adinirari , Qualis bona inventio Est medeci professio ; Quam bella chosa est, et bene trovala Medicina illa beuedicta Quas suo nominc solo, Surprenant! miraculo, Depuis si longo temporn , Facit a gogo vivere Tant de gens onini génère.

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      4 months ago

      Juste au cas où, c’est un passage du 3eme intermède de la pièce (des sections chantées et dansées en musique, du ballet quoi). En l’occurrence, c’est une bouffonnerie qui vise à se moquer des médecins et de leur jargon savant (et à se moquer de la crédulité, aussi). C’est du vocabulaire Latin tourné en ridicule et parsemé d’un peu de français.

      Les passages ‘normaux’ de la pièce (les 3 actes classiques sans les intermèdes, en gros) se lisent bien plus facilement… en français normal ;)

      Pour celles et ceux qui voudraient lire Le malade Imaginaire, la pièce est dispo sur le site de Gallica: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6138314t/f38.item

      • Si le truc ne s’ouvre pas directement à la bonne page, là où la pièce commence, utilisez le sommaire en bas de l’écran et allez à la page numéro 3 (après les pages non numérotées et les pages numérotées en romain).
      • Pour lire le 3ème intermède en entier, allez à la page 164.

      Elle est aussi dispo en PDF et en mobi (aka, compatible Kindle) sur https://www.ebooksgratuits.com/details.php?book=493

      C’est sans DRM et gratos, dans les 2 cas.
      Merci, le domaine public et merci aussi les gentilles personnes qui mettent ces textes à la disposition de tout le monde. On vous remercie pas assez souvent.

      Molière m’a fait rire pour la première fois, j’avais 14 ans. C’était il y a plus de 40 ans de ça, j’avais les cheveux long et une peau presque encore de bébé, douce et lisse. Aujourd’hui, chauve et commençant à me friper de partout comme une vielle pomme, je ris toujours autant et je suis toujours aussi enthousiaste pour les pièces de Molière. En fait, non je suis bien plus enthousiaste que je l’étais car à l’époque je passais à côté d’à peu près tout les subtilités ;)

      (Mode vieux con ON)

      C’est triste qu’on ne demande plus aux jeunes de lire les œuvres à l’école, vraiment lire les bouquins je veux dire, au lieu de se contenter d’un de ces résumés à la con, avec un plan et des questions-réponses pre-digérées pour bien répondre aux questions du prochain contrôle. Que ce soit à propos de Molière ou d’autres auteurs.

      Dans le cas de Molière tout particulièrement, le lire et en prime assister à une représentation ça peut-être… jouissif. OK, la première fois ça surprend et, encore plus quand on a pas l’habitude de lire en général, ça demande un petit effort d’adaptation mais c’est une telle rencontre !

      C’est ce que notre prof avait fait, à l’époque. Nous étions sa toute première classe, je suppose qu’il voulait marquer le coup. Il nous a donc emmenés voir une représentation de Tartuffe, dans un petit théâtre local. Je ne connaissais pas du tout Molière, sauf de nom mais en gros je m’intéressais autant à ses œuvres et au théâtre en général qu’à la culture des huîtres perlières… peut-être même un peu moins que ça.

      En y allant j’ai donc râlé et plaisanté, comme tout le monde. Mais à l’époque, surtout dans cette école catholique stricte, on faisait ce que les profs nous disaient. Arrivé au théâtre, je me suis donc assis en silence et j’ai sagement attendu que la pièce commence me préparant à mourir d’ennui. La pièce a commencé et puis elle était terminée. Je ne m’étais pas ennuyé. En fait, en sortant de là, après m’être éclaté les mains à force d’applaudir les comédiens à la fin de la pièce, j’étais fou de la pièce, fan des comédiens qui l’avaient rendue si vivante, amoureux de Molière (je le suis toujours autant) et du théâtre en général. Ensuite, après être rentrés en classe, le prof nous a demandé ce que nous en pension et, pour ceux qui le souhaitaient, d’écrire nos impressions sur cette pièce pour les lire, devant les autres. Après ça, il nous a proposé de jouer à notre tour un bout d’une scène, de notre choix… les jours qui ont suivi, nous avions tous un exemplaire de la pièce en main que nous déclamions en petits groupes, à la moindre occasion, comme de la poésie.

      Jamais je n’oublierais ce prof.

      Alors quand je vois les jeunes se farcir des ‘synthèses d’une œuvre’ (ou se contenter de regarder telle ou telle adaptation au cinéma (1)) au lieu de plonger à corps perdu dans le texte lui-même (ou, pour la prochaine génération je suppose: au lieu de demander à l’IA de leur expliquer l’œuvre), j’ai juste envie de pleurer (et aussi, un peu, de mettre une fessée publique aux abruti(e)s de l’éducation nationale qui ont sérieusement considéré que c’était une bonne approche pédagogique).

      C’est dramatique ce à côté de quoi certains de ces jeunes gens passent, juste parce qu’on les laisse prendre un raccourci, quand tout le monde, tous les adultes autour d’eux, ne les y encourage pas. Et tout ça parce que la seule chose qui compte c’est d’avoir des bonnes notes au prochain test.

      1: j’ai rien contre le cinéma ou les séries, bien au contraire. Mais lire un livre, c’est pas la même chose que de regarder sa mise en scène, aussi belle et bonne soit-elle.

      (Mode vieux con OFF)

      Bref, Molière c’est trop bon. A lire, comme à aller voir au théâtre.